Un peu d'histoire: Le Jagdpanzer 38(t) Hetzer

Continuons nous tours d'histoire.

Jagdpanzer 38(t) Hetzer : Petit mais costaud !







Un peu d'histoire: Le Jagdpanzer 38(t) Hetzer


Un peu d'histoire: Le Jagdpanzer 38(t) Hetzer







Un peu d'histoire: Le Jagdpanzer 38(t) Hetzer





Fin 1943...

Il devient clair pour l'Allemagne Nazie que la guerre ne peut plus être gagnée.

Jour et nuit maintenant les alliés envoient leurs B17 et autres Lancaster noyer villes et usines Germaniques sous de véritables tapis de bombes.

La production des engins blindés commence à en souffrir, soit par destruction des usines soit par manque de matières premières, quand ce ne sont pas les deux à la fois d'ailleurs... 

Pour beaucoup l'heure n'est plus aux monstres d'acier de 45 tonnes  mais plutôt à la recherche d'engins de taille plus modeste capables d'être produits dans des usines plus discrètes et de facto moins vulnérables aux bombardements.

Pour ce faire on songe à transférer la production des chars en Tchécoslovaquie. Etant devenue depuis les "accords de Munich" de 1938 un satellite de l'Allemagne, cette nation (ou plutôt ce qu'il en reste...) a l'avantage d'être plus éloignée de la Grande-Bretagne et donc moins vulnérable aux bombardements aériens.

Il est alors décidé de confier aux établissements Tchèques BMM (Böhmisch Märische Machinenfabrik) la conception d'un chasseur de chars léger entièrement fermé (afin de remplacer les Marder à casemate ouverte) doté du canon de 75mm PaK39.

Reprenant la base mécanique du char local TNHP de 1938 rebaptisé par les Allemands Panzer38(t) un prototype est présenté dès janvier 1944.

L'Etat-Major Nazi jette son dévolu sur ce petit engin de 15,80 tonnes ne mesurant pas plus de 6,38m de long et capable de détruire n'importe quel char allié grâce à sa pièce de 75mm tirant des obus perforants à 930m/s !

Ils exigent une mise à disposition de 3 exemplaires de présérie pour Mars au plus tard !
Les Tchèques tiendront les délais... 



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Après de rapides essais considérés comme "concluants" (il faut dire que la mécanique était déjà plus qu'au point car remontant à l'avant-guerre !  ) la mise en production est ordonnée.

Nous avons donc affaire à un petit engin de moins de 7 mètres de long pour 2,63m de large et 2,17m de haut.


C'est aux côtés d'un side-car que l'on s'aperçoit des dimensions pour le moins modestes du Hetzer.
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Son moteur est un 6 cylindres en ligne à essence Praga AE de 7754cm3 développant 150cv à 2800trs.
Il est assisté d'une boite de vitesses à 5 rapports et 1 marche arrière Praga/Wilson.
La mécanique est à l'arrière mais les barbotins sont à l'avant, imposant donc la passage d'un arbre de transmission sous la casemate.

Il roule à 42km/h sur route, son réservoir de 320 litres lui permet de parcourir 190km (90km en tout-terrain).


Sa pression au sol est de 0,85kg/cm2.

Non amphibie, il passe des gués de 0,80m de profondeur et peut grimper des pentes de 25°.

Son armement se compose donc d'un canon de 75mm approvisionné à 40 coups (obus perforants ou explosifs) dont la portée pratique est d'environ 2000m et d'une mitrailleuse MG34 de 7,92mm télé-opérée emportant 1200 projectiles (mais en chargeurs de 50 coups ce qui oblige le servant à sortir pour réapprovisionner...  ).

L'équipage de 4 hommes est à l'abri dans une casemate fermée et blindée, un plus indéniable quand on a servi sur des engins d'utilisation équivalente à ciel ouvert.



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Etant dépourvu de tourelle vous aurez compris que sa fonction est le tir d'embuscade avant décrochage et recherche d'une nouvelle position pour recommencer.


Superbe camouflage de type "embuscade", tout à fait dans son élément ici !
Il était appliqué directement en usine.
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Compte-tenu de ses dimensions, d'un coût de production modeste et de la puissance de son canon vous me rétorquerez comme beaucoup de néophytes que cet engin n'était en fin de compte pas loin d'être "l'arme absolue" contre les alliés et... Vous auriez tort !

Car le Hetzer (c'est ainsi qu'il fut surnommé par la troupe : Trappeur en Français, son nom "officiel" étant Leichter Panzerjäger 38(t)) était perclus de défauts...

Lesquels ?

En clair :

-Une casemate rikiki où les 4 pauvres gusses qui composaient l'équipage avaient toutes les peines du monde à se tasser.

-Un canon sans tourelle décalé à droite qui ne pouvait pas pivoter de plus de 5° à gauche et 11° à droite...

-Un système de visée rudimentaire et de toute façon une capacité générale à "voir" à l'extérieur déplorable (tout le côté à droite du Hetzer n'était pas visible par le chef de char, à moins de mettre la tête dehors.)

-Quand au blindage pourtant mécano-soudé...  Si l'avant ne s'en sort pas trop mal avec une épaisseur de 60mm d'acier incliné à 60° sur le dessus et 40° vers le dessous, les côtés blindés à 20mm même avec une inclinaison de 40° étaient déjà "hors jeu" pour l'époque.
Je passerais un voile pudique sur les 8mm du toit et les 10mm du plancher...
Concernant l'arrière et ses 2mm ce n'est même plus du blindage pour moi !


Un engin qui ne devait en aucun cas être contourné par l'ennemi, sa quasi-absence de blindage à l'arrière le condamnait irrémédiablement !
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-Une très mauvaise répartition des masses (l'arc frontal est surblindé par rapport au reste de l'engin) ce qui donne un air "penché vers l'avant" au Hetzer et des capacités de franchissement pour le moins limitées : Pas plus de 1,30m pour une tranchée ouverte et 0,65m pour un obstacle vertical.

Le pire était encore l'agencement intérieur de l'équipage.
Si "ça passe encore" pour le pilote à côté du canon et le tireur pourtant déjà "coincé à droite" on n'en dira pas autant pour le chef d'engin assis "tout au fond" le dos contre la cloison pare-feu du moteur et la culasse de la pièce qui reculait juste à côté de lui.


4 hommes là-dedans...
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Mais le pire était réservé au chargeur : Le gars est à gauche mais la culasse s'ouvre... A droite !  Après chaque tir il doit passer par dessus le canon, bousculer le tireur pour sortir la douille et se débrouiller vaille que vaille pour rentrer l'obus suivant !

Un travail d'équipe qui mettait paraît-il les nerfs des plus aguerris à rude épreuve en situation de combat, sans oublier que le chef de char devait dans le même temps donner les consignes à son pilote pour faire pivoter le char afin de pallier aux faibles débattements latéraux du tube...


Assez léger (moins de 16 tonnes), les Hetzer étaient facilement "couchés" par les souffles de bombes ou d'obus de gros calibre.
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2 photos d'un même engin.
Embossé à découvert ses chances d'échapper à l'ennemi étaient faibles...
Une situation typique des combats de 1945 menés avec l'énergie du désespoir.
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La cuirasse latérale n'a pas arrêtée beaucoup de projectiles visiblement...
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La production du Hetzer s'étendra de mars 1944 à mai 1945 dans les usines BMM ou Skoda, et ce à raison de 2047 exemplaires.


Dans la ville de Prague en 1945.
Le Hetzer pouvait faire preuve d'une certaine efficacité dans les combats de rues, sa taille modeste devenant un atout dans ce cas.
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La majorité était des chasseurs de chars, mais on verra aussi une trentaine de Flammenwerfer (lance-flammes doté d'un réservoir interne de 700 litres et d'un équipage à 3) qui seront utilisés sur le front d'Alsace et dans les Ardennes lors de l'hiver 44/45.

Un char de dépannage verra aussi le jour à 181 exemplaires, dépourvu d'armement et équipé d'un treuil de 5 tonnes ainsi que d'un palan de 2 tonnes de capacité de levage pour la récupération des chars endommagés sur le terrain.

Quelques exemplaires de reconnaissance ou de commandement verront aussi le jour mais sans laisser d'impérissables souvenirs.

La version Starr mérite que l'on s'y arrête : Il s'agissait du montage d'un canon de 75mm sans amortisseur de recul, ce dernier étant encaissé par la structure même du char dans le but de gagner en simplicité et de faire de la place à l'intérieur pour l'équipage, la pièce étant désormais fixe.
Quelques engins seront construits avant que les problèmes structurels récurrents constatés n'envoient le projet aux oubliettes.

Après-guerre les chaînes de production seront relancées à la demande d'une Tchécoslovaquie renaissante qui prendra en compte 622 engins en plus des exemplaires capturés aux Allemands (300 environ).


La guerre est finie.
Ces Hetzer n'attendent plus que le chalumeau du ferrailleur, ou une reprise par l'armée Tchèque après révision générale.
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La Suisse se portera acquéreur de 158 chars à l'aménagement intérieur heureusement revu et corrigé.
Baptisés G13 dans la nomenclature Helvète ils se distinguent par un frein de bouche sur le canon et des roues tendeuses à 4 trous.
Ils seront remotorisés par des Diesel Saurer au milieu des années 50 et resteront en service jusqu'en 1978 !


Un G13 préservé.
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Le Hetzer est l'un des chars de la seconde guerre mondiale que l'on trouve le plus facilement dans les musées avec les T-34 et autres Sherman contemporains, chars qu'il ne pouvait espérer détruire qu'en se postant à l'affut dans le clair-obscur d'un sous-bois.

Il possédait par contre un gros point fort : Une fiabilité mécanique irréprochable !


Un Hetzer au musée.
En fait un G13 Suisse "Germanisé" !
La roue tendeuse n'a que 4 trous, caractéristique des engins d'après-guerre... :o
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En conclusion je dirais que le Hetzer était un peu à l'image de ce que fut l'Allemagne de 1944, à savoir un mélange de bric et de broc dont la seule finalité était en fin de compte de "tenir" un peu plus longtemps face à des adversaires qui ne pouvaient plus être défaits sur le terrain, à moins d'un miracle que seul un cerveau dérangé pouvait encore oser espérer à cette époque...


Un "vrai" en mouvement, avec son moteur Praga d'époque : http://www.youtube.com/watch?v=jbu06macuTI

Visiblement fâché avec le maniement de la boite Wilson notre pilote du moment... http://www.youtube.com/watch?v=IMVk3r4zEAg

Un Suisse maquillé et exilé aux States : http://www.youtube.com/watch?v=EwXjQSqtgew

 Merci a Jensen.


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